Ma tenue du stylo est-elle correcte ?

Ma tenue du stylo est-elle correcte ?

« Tiens bien ton crayon ! »

« Attention à ta tenue de stylo ! », te répète constamment tes parents, ta maîtresse, tes professeurs parce que ta tenue de crayon n’est pas « conventionnelle » ?

ou dès que tu écris tu ressens des douleurs dans les doigts, le poignet, le bras ou même l’épaule,

ou encore ton écriture est difficile à lire, tu manques de vitesse, 

il est alors peut être temps d’observer ta tenue de crayon et si besoin d’apprendre à le positionner correctement.

Cela te demandera un peu de motivation et d’entraînement quotidien mais quel soulagement et satisfaction après…

Voici quelques exemples de mauvaises tenues de crayon rencontrées au cabinet :

N’hésitez pas à me transmettre une photo de la tenue de crayon de votre enfant si vous avez des doutes ou des interrogations ? Vous pouvez m’adresser votre message via directement par mon adresse mail legrand@reeducation-graphotherapie.fr ou par mon formulaire de contact sur mon site reeducation-graphotherapie.fr

Evolution de la tenue de crayon

La tenue adaptée du crayon est appelée tenue « en pince » car le crayon doit être « pincé » entre le pouce et l’index.

Prise palmaire vers 12 / 18 mois

Prise palmaire vers 12 / 18 mois : l’enfant tient son crayon avec son poing. Tous les doigts sont fermés sur le crayon. C’est ce que l’on appelle la prise palmaire. Le bras bouge et l’enfant gribouille. 

Prise palmaire.

Prise transitoire/digitale de 2 – 3 ans à 4 ans

La prise transitoire/digitale de 2 – 3 ans à 4 ans : Bien que l’enfant utilise encore ses 5 doigts, l’avant-bras se renverse. Son index et son pouce sont vers le bas. La main est en pronation c’est-à-dire que la paume de la main est tourné vers le sol et le pouce est vers l’intérieur. L’enfant peut contrôler davantage le crayon par des mouvements de l’avant-bras, voire du poignet pour créer des cercles et des lignes.

Prise quadripode statique vers 3 ans 1/2, 4 ans

La prise quadripode statique vers 3 ans 1/2, 4 ans : l’enfant commence à tenir son crayon avec 4 doigts : Le crayon est tenu par le pouce, l’index, le majeur et l’annulaire. L’auriculaire est collé à l’annulaire. Les mouvements sont contrôlés par le poignet et les doigts sont rigides. Le crayon est mieux contrôlé mais l’enfant a encore quelques difficultés pour colorier sans dépasser.

Prise tripode ou « mature », 4-6 ans

La prise tripode ou « mature », 4-6 ans : l’enfant tient son crayon avec 3 doigts. Le crayon est tenu entre le pouce et l’index et repose sur la phalange du majeur.  L’annulaire et l’auriculaire sont repliés vers l’intérieur de la main. Le mouvement est assuré par les doigts qui bougent et sont plus précis ce qui  permet à l’enfant d’écrire et de colorier sans dépasser et dessiner.

A présent, le pouce et l’index en légère flexion « pincent » l’instrument et le crayon repose sur le majeur. La prise est donc celle du tripode qui facilite les mouvements d’inscription, permet la fluidité, la vitesse et la précision de l’écriture.

Que le scripteur soit droitier ou gaucher, la position des doigts est identique.

Prise quadripode

Je constate lors des bilans au cabinet de graphothérapie de plus en plus de Prise quadripode. Cette prise peut-être accepter à condition que le pouce ne vienne pas recouvrir ou verrouiller les autres doigts et qu’une mobilité digitale soit bien perceptible.  

Pour bien tenir ton crayon voici :

– un petit exercice :

Ferme ton poing et en ouvrant tes doigts compte jusqu’à trois.

123 – Soleil : quand tu arrives au soleil ton pouce doit se poser sur le côté de l’ongle du majeur et formé un cercle.  

 

– Développer la motricité fine :

Pour être à l’aise avec un crayon, il faut savoir le serrer suffisamment fort pour qu’il ne tombe pas, mais pas trop non plus pour éviter les crispations et autres douleurs, tout en contrôlant l’appui sur le papier. C’est pourquoi pour faciliter la manipulation des outils scripteurs (crayon, stylo, craie…) et la fluidité du tracé manuscrit, il est primordial que l’enfant ait développer sa motricité fine.

Voici quelques idées d’activités préparatoires :

  • Saisir des objets avec des pinces à linge
  • Froisser du papier d’une main
  • Utiliser des gommettes
  • Modeler de la pâte à modeler, de l’argile…
  • Boutonner, déboutonner des boutons de toutes grosseurs
  • Ouvrir, fermer divers flacons
  • Visser, dévisser des écrous
  • Mais aussi bricoler, jardiner, cuisiner soit toutes les activités quotidiennes

– La gym des doigts :

21 c’est le nombre de muscles qui composent la main. Ils sont divisés en trois groupes : latéral, médial, central. En revanche, la main compte 15 tendons de muscles extrinsèques où chaque corps se situe dans l’avant-bras.

C’est pourquoi, l’enfant doit apprendre à lier et délier ses doigts pour gagner notamment en souplesse.

Les exercices de gym des doigts sont nombreux et variés : le bec de canard, l’applaudissement, l’araignée, la marche du soldat, le piano pouce, le piano, le top victoire, le pouce index …

Pour vous donner des idées, dans un premier temps, vous pouvez vous connecter au site de Bouge ta Plume.

– Une petite histoire :


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Le pouce moteur de l’écriture.

Le pouce moteur de l’écriture.

Au cours des bilans graphomoteurs effectués au cabinet, je constate que de plus en plus nombreux sont les enfants à avoir des difficultés à mouvoir leur pouce. Pourtant, les mouvements d’abduction et d’adduction permettent au pouce de réaliser l’opposition, mouvement de pince essentiel à la préhension.

Mouvements de préhension ou d’opposition du pouce

L’incroyable pouvoir du pouce.

La main est l’organe qui s’est développé le plus au cours de l’évolution de l’être humain. Pollex, en latin, en est le premier doigt. Notre pouce, alors que nos autres doigts en comptent trois, se compose de deux phalanges qui s’articulent avec le premier métacarpien. Il est plus long et plus fort que celui de nos cousins les primates disposant également d’un pouce opposable aux autres doigts.

Les mouvements de flexion et d’extension du pouce sont assurés par des muscles intrinsèques et extrinsèques qui se situent dans la main et permettent leurs mouvements précis. Les muscles intrinsèques sont le court abducteur, l’adducteur et le court fléchisseur. Les muscles extrinsèques sont le long et court extenseur du pouce dans l’avant-bras.

Et c’est la mobilité de l’articulation métacarpo-phalangienne du pouce et sa capacité à se placer en opposition aux autres doigts, soit pulpe contre pulpe, qui permettent à la main la préhension.

Et l’écriture alors…

L’écriture est réalisée par un mouvement des doigts. Le crayon est tenu entre le pouce et le majeur. C’est la flexion du pouce qui va permettre d’effectuer les mouvements de haut en bas du crayon sur la feuille.

Mauvaise tenue du crayon

Combinés au mouvement latéral du bras, ces mouvements de haut en bas vont permettre de tracer toutes les formes de base de la cursive. Le pouce est donc le moteur de l’écriture.

Mais chez les enfants dont la motricité des doigts n’est pas suffisamment développée, c’est le poignet qui est utilisé pour écrire. Le tracé des lettres est alors plus grand et moins précis. Le mouvement est également plus lent et des douleurs voire des tensions musculaires peuvent remonter dans le bras et jusque dans l’épaule. Le poignet offre donc un contrôle de la trajectoire du crayon moins efficace. 

De plus, une mauvaise tenue engendre une crispation musculaire qui entrave l’écriture et fatigue l’enfant. La mobilité du pouce permet donc à la main d’écrire plus facilement et de gagner non seulement en précision mais aussi en vitesse.

Le réflexe d’agrippement

Le réflexe d’agrippement ou grasping est visible chez un bébé lorsque vous introduisez à la base de ses doigts, face palmaire, un doigt ou un objet et que l’enfant l’agrippe de tous ses doigts. Vous pouviez alors soulever l’enfant juste à la force de son agrippement bilatéral. 

Ce réflexe influence l’évolution de l’ensemble de la coordination motrice globale de la main, de l’agrippement et du maintien d’objets, de la manipulation d’objets plus gros et, plus tard, de la coordination motrice fine des doigts pour l’écriture, le dessin, la musique, la broderie, etc.

Un réflexe de grasping non intégré va affecter les compétences de graphie (écriture), de préhension (attraper) et de manipulation. Souvent l’enfant aura des tensions ou de la lenteur à l’écriture. Ces tensions (non consciente) peuvent faire qu’il rejette les activités d’écriture ou de dessin. 

En effet, pour reprendre l’image donnée par Célia Cheynel, un réflexe primordial mal intégré, est comme un petit caillou dans la chaussure… On a beau savoir marcher, on ne le fait pas gracieusement lorsqu’il est présent. Il devient même gênant au point qu’on finit par ne plus vouloir marcher… 

Quelques activités ludiques

Pour y remédier, et afin de tonifier les muscles des doigts, on peut proposer à l’enfant de petites activités de motricité fine qu’il lui suffit de faire quotidiennement comme la pate à modeler (boule ou boudin à faire sur la table), le froissage de papier, les jeux de billes, d’osselets, les scoubidous ou les jeux de ficelles, le massage des mains, la poterie… soit toutes les activités qui mettent en jeu la paume de la main pour permettre l’intégration du réflexe de Grasping.

Froissage de papier, jeux de billes, d’osselets, scoubidous, jeux de ficelles, massage des mains, poterie toutes les activités sont bonnes pour faire travailler le pouce !

Voir : https://www.bougetaplume.fr/affichette-reflexe-de-grasping.php

Sans oublier … le Gribouillage qui permet outre le plaisir, l’essai de plusieurs outils scripteurs (feutres, crayons de couleurs, craies grasses…) et le relâchement de bien mettre en mouvement le bras et l’avant-bras, de faire glisser la main sur la feuille.

Je vous conseille outres les ouvrages de Hervé Tullet, son blog truffé d’idées colorées et enjouées : https://www.herve-tullet.com

… et le coloriage aux nombreux bienfaits sur lesquels nous reviendrons ultérieurement dans un autre article.